Mon blog par Gilles Savary

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jeudi 26 janvier 2012

Coup de mou

Sidérantes les confidences de Nicolas Sarkozy sur son éventuel retrait de la politique.. Avant même son entrée en campagne, il se projette en retraité heureux de l'Elysée et de la politique au lendemain d'un discours de lancement exceptionnellement réussi de François Hollande.

Le moins que l'on puisse dire est que ces indiscrétions apparaissent pour le moins impromptues, au moment, délicat pour son camp, où elles interviennent. Du coup, la Droite, déjà empétrée dans des commentaires oiseux et accablés de la prestation de François Hollande, en a éprouvé immédiatement un sérieux coup de blues. L'espoir en a manifestement changé de camp!

Comment interpréter un tel détachement apparent du pouvoir de la part du Président sortant, dont la réputation est celle d'un intraitable bagarreur de campagne?

La presse la plus finaude des affaires politiques n'a pa su discerner s'il s'agissait de l'anticipition d'une défaite, ou d'une manoeuvre sophistiquée.

Mais de quelle manoeuvre?

Le coup du chantage -"retenez moi, où je m'en vais"- se conçoit d'une personnalité adulée ou jugée irremplaçable, mais tel n'est pas le cas de Nicolas Sarkozy qui doit au contraire affirmer un tempérament et une détermination d'acier pour remonter la pente d'une popularité en berne.

Il est plus probable qu'il a réalisé avec le discours du Bourget que la Droite ne pourrait plus se satisfaire de caricaturer la personnalité d'un François Hollande qui s' impose comme le meilleur candidat de la Gauche depuis François Mitterrand.

C'est peut-être la première fois depuis 2007 que Nicolas Sarkozy ne monopolise plus l'espace politique et médiatique et court après un autre que lui-même.

Cette inflexion intervient au moment fétiche où se cristallisent généralement les intentions de vote à l'élection présidentielle.

Sa réaction est peut etre sincère et simplement humaine. En cela elle serait respectable, mais tellement inappropriée aux qualités d'endurance et de combativité que l'on attend d'un candidat à ce niveau, et si peu conforme à sa personnalité!

La seule manoeuvre qu'elle pourrait utilement préparer serait qu'il se dérobe finalement à la candidature, mais ce serait placer la Droite dans une extrême difficulté au point, remarquablement maitrisé, où en est la dynamique de campagne de Hollande..

Le plus probable est que Nicolas Sarkozy ait exprimé par imprudence ou inadvertance le désenchantement qui a sidéré son camp face à une Gauche qui a enfin trouvé un authentique présidentiable au Bourget.

Ce coup de mou de la Droite est peut-être le tournant de la campagne!

dimanche 22 janvier 2012

Un grand discours français

Indiscutablement, le discours du Bourget de François Hollande restera dans les annales des grands discours de campagne. Intimiste sur la personnalité et la trajectoire du candidat, on y a retrouvé le grand souffle de l'épopée Républicaine française. La Gauche a désormais un pilote dans l'avion, et la France y a trouvé un grand leader politique.

Côté mise en scène, les totems d'appareil cèdent la place à une symbolique française décomplexée. La Gauche a pris la mesure, enfin, de la présidentialisation du système..

C'est un coeur de Gauche qui a parlé français ! Finie la langue de bois, les figures imposées, les références en boucle à Jaurès et Blum, les vieux stéréotypes et les tabous thématiques. François Hollande s'est situé dans la France d'aujourd'hui dans le Monde d'aujourd'hui, en lui ouvrant de claires perspectives de Gauche, mieux que ne l'ont jamais fait les ratiocinations nostalgiques des multiples conventions et congrès du PS de ces dernières années.

Au Bourget, il a fait "deux en un": un grand discours français, et un grand discours de rénovation de la Gauche.

Il en a pris tous les risques, sans démagogie, sans anti-sarkozysme primaire, sans surenchères racolleuses, assumant le nucléaire comme l'un des trois piliers de la politique énergétique française, louant l'initiative économique et les entreprises qui investissent en France, prenant des engagements fermes de maîtrise des finances publiques, remettant le PS sur les rails de l'Europe avec des accents Deloriens, déclarant la guerre à la grande et petite délinquance, avec le sens inné de l'équilibrisme qui le caractérise.

Mais c'est sur les thèmes de l'égalité, de la justice, de l'avenir de la jeunesse française qu'il a décliné par le menu ses différences avec la Droite, mettant en perspective historique les grandes permanences et continuités de l'identité républicaine française, de la Révolution française à celle de 1848, en passant par l'école publique de la III ème République, le Conseil national de la Résistance les suppliciés de Tulle et l'esprit de liberté de Mai 1968..

En déclarant une guerre de libération nationale contre l'impérialisme de la finance internationale, il a désigné son "seul" adversaire, loin de la lutte des classes à la papa.

Aujourd'hui François Hollande s'est approprié le destin de la France, plus encore que la Gauche !

Oui, messieurs les flagellateurs de Droite : ce soir la France rêve d'une autre politique !

dimanche 8 janvier 2012

La TVA Sociale : mauvaise réponse à une bonne question

La Droite est aux abois..Mais elle reste la Droite.Le nouvel épisode de la TVA sociale en constitue la caricature.

Alors que la désindustrialisation et les plans sociaux se multiplient, Nicolas Sarkozy vient d'annoncer la mise en place d'une TVA sociale new look rebaptisée taxe anti-délocalisation, puisqu'elle aurait le double effet apparent de financer une part des charges sociales des entreprises implantées en France et par conséquent d'en alléger le coût du travail , et de taxer les produits importés qui constituent 30% de la consommation française. Une bénédiction en somme pour l'économie française!

Il est peu contestable que certaines entreprises françaises , fortement exposées à la concurrence internationale, comme les entreprises de transport routier international par exemple, sont pénalisées par un coût français du travail trés supérieur à leurs concurrents, dû notamment à l'importance des prélèvements sociaux sur le travail. En Allemagne, par exemple, le coût du travail est souvent inférieur avec des salaires presque toujours supérieurs qu'en France.



Du coup, il n'est pas incongru de se poser la question de savoir comment réduire le coût du travail sans pénaliser le salaire, c'est en dire en finançant autrement les prélèvements sociaux que sur le travail, au moins dans les secteurs exposés à la compétition internationale, étant entendu cependant que le coût du travail n'est qu'un élément, et pas le plus décisif, de la compétitivité d'une économie. Pour autant une réflexion sur ce sujet ne doit pas etre tabou.

Là où Sarko fait fausse route, c'est en prétendant protéger les emplois français en ré-exhumant son projet enterré de TVA sociale. Ce projet est triplement indésirable:

- Au plan macroéconomique d'abord . Il intervient aprés la mise en place de 32 taxes sous la Présidence Sarkozy, aprés un premier relèvement du taux de base de la TVA, aprés une augmentation généralisée des tarifs de service publics, aprés un relèvement scandaleux des amendes de la circulation et tutti quanti. De cette folle politique, découle précisémment la récession dans laquelle est entrée la France qui se traduit par un cortège affolant de fermeture d'usines et de pertes d'emplois. Si on y ajoute la TVA sociale, elle aura les effets exactement inverses que ceux qu'elle prétend avoir.

-Au plan des entreprises, elle va certes réduire le coût du travail, mais elle va surtout réduire le pouvoir d'achat de leurs clients et finalement se retourner contre elles, dans un contexte où, précisémment, c'est le déclin du pouvoir d'achat des français qui plonge le pays dans la crise.

-Au plan fiscal, Sarko persiste dans sa politique injuste et socialement explosive de multiplication frénétique des taxations indirectes et forfaitaires, qui reviennent à faire peser les prélèvements indistinctement et également sur les pauvres comme sur les riches, c'est à dire à exiger plus des pauvres par rapport à leurs revenus.Cette politique est non seulement injuste, mais irresponsable car elle porte en germe une décomposition de la Société française..

Dans cette affaire de coût du travail français, on ne parle jamais des bénéfices des entreprises et des dividendes versés aux actionnaires, dont il n'apparait pas qu'ils souffrent eux de la concurrence internationale, ni vraiment de la crise.



Du coup, si l'on veut alléger le poids des charges sociales sur le coût du travail, sans compromettre la croissance, ni aggraver la pauvreté et les dépenses sociales, tout en améliorant la compétitivité des entreprises, c'est en changeant l'assiette des cotisations et en la transférant là où s'est déplacée la valeur dans nos sociétés de spéculateurs, c'est à dire en les asseyant sur les dividendes et les produits financiers non réinvestis.

La Gauche devra avoir ce courage, fusse au prix d'une expatriation temporaire des rentiers.

La France de la Révolution s'est remise de l'émigration de l' aristocratie d'ancien Régime.

Le temps qu'ils réalisent que le monde extérieur n'est pas si accueillant..et que des capitaux étrangers préfèrent malgré tout rester dans notre bonne vieille France.

lundi 26 décembre 2011

"Nos amis turcs"....

Au risque d'encourir des poursuites pénales, puisque s'exprimer librement sur ce sujet -hors la version officielle de l'Assemblée Nationale Française- est en passe d'être considéré désormais comme un crime au pays des Droits de l'Homme et de la liberté d'expression, on peut tout de même s'interroger sur la turcophobie obsessionnelle qui semble animer Nicolas Sarkozy et l'UMP.

2006/2011 : on nous ressert le plat de la reconnaissance officielle du génocide Arménien, et même cette fois de la pénalisation de sa négation..

Moi, je n'ai pas d'avis sur la qualification des crimes de masse perpétrés par les Turcs et leurs hommes de mains Kurdes au début du XX ème siècle (1915) en représailles surdimensionnées aux pogroms bulgares et grecs effectués sur des populations civiles turcophones dans la partie européenne de l'ex-empire Ottoman.

De nombreux intellectuels et responsables turcs eux-mêmes reconnaissent un crime de masse, un crime contre l'humanité, voire une épuration ethnique, mais de nombreux historiens, ou encore le prix Nobel de Littérature Ohran Pamuk pourtant vigoureusement engagé dans la reconnaissance des crimes turcs contre les Arméniens, contestent la qualification de génocide, qui suppose une politique consciente, délibérée et systématique d'élimination physique d'une population. La controverse sur le point capital de savoir s'il y a eu ou non, comme pour la Shoah, une décision politique d'élimination systématique du peuple arménien n'est toujours pas tranchée entre historiens internationaux, faute de preuves encore, qu'un tel projet ait été pensé et décidé par le Gouvernement "jeune turc" de l'époque.

Que l'insondable douleur du peuple arménien fasse peu de cas d'un tel détail conceptuel, en regard de l'ampleur des massacres perpétués, est évidemment légitime.

Qu'un Parlement étranger éloigné de l'époque et de la région des faits s'y commette est infiniment plus spécieux. On imagine l'effet que produirait sur les Français d'aujourd'hui, une multiplication à travers le monde de votes parlementaires qualifiant la France de criminelle contre l'humanité au titre de l'esclavage et des déportations de masse des populations noires d'Afrique!...

La légitimité de la mémoire, qui est d'abord portée par les victimes et leurs descendants, ne fait pas l'objectivité de l'Histoire. La Mémoire de crimes est forcément douloureuse. Elle est forcément émotionnelle, identitaire et difficilement partageable. Elle fait partie du patrimoine imprescriptible et singulier des opprimés, là où l'Histoire doit garder le recul factuel nécessaire pour tenter de reconstituer les évènements et en donner une interprétation autant que possible objective et datée.

C'est la raison pour laquelle un éminent "mémorielliste" comme Pierre Nora (Les lieux de Mémoires) et avec lui de nombreux historiens recommandent de ne pas confondre Mémoire et Histoire, et récusent les initiatives législatives visant à écrire politiquement l'Histoire à la place des historiens.

Il n'est pas sûr du tout que le récent vote à l'Assemblée Nationale grandisse l'image de la France dans le Monde et honore la Raison qui a fondé sa République démocratique. Ce sont en général d'autres types de régimes qui se nourrissent d'Histoire officielle...

La réponse turque a fusé : elle pointe avec le même excès interprétatif la pratique de la torture systématique par l'armée française en Algérie. Elle aurait pu y ajouter les massacres de Sétif sur ceux-là même qui ont sauvé de leur sang l'honneur de la France dans les armées de la Libération, ou encore ceux de Madagascar et du Cameroun après guerre, et qui restent soigneusement cachés à la plupart des Français d'aujourd'hui...

En réponse à cette réplique turque, Nicolas Sarkozy a eu l'arrogance mielleuse de dire " à nos amis turcs" , "que la France n'avait de leçon à recevoir de personne"! Fichtre! mais alors pourquoi en donne-t-elle au monde?

Non, finalement, elle en donne aux Turcs, mais pas au monde : rien de semblable contre les massacres de masse des populations civiles tchétchènes par les armées de Poutine; rien contre l'éradication et le confinement des indiens d'Amériques par les Américains, rien contre les bombardements massifs des populations civiles allemandes sans but militaire par les alliés au cours de la Seconde Guerre Mondiale etc...

2006...c'était avant la Présidentielle de 2007; et 2011..c'est avant celle de 2012 ! Et les Turcs, ce sont des musulmans non ? Et puis la France compte une population importante de votants d'origine arménienne...

Exaltation du racisme et des préjugés anti musulmans et racollage électoraliste à usage intérieur suffisent donc à prostituer la politique extérieure de la France!

Pauvre France Sarkozyste!

dimanche 4 décembre 2011

L'Europe du Baton

Le débat France Allemagne sur une refondation de l'Europe est évidemment opportun. Mais son contenu et ses propositions, de part et d'autres, augure mal de la suite de l'histoire européenne. Réformer les Traités, pourquoi pas, mais un Traité ne suffit pas à faire ni à définir une politique.

On aura d'ailleurs observé que l'ampleur de la crise traversée par la zone euro a déjà conduit à tordre le cou aux Traités existant ou du moins à les interpréter de façon à ce que la Banque Centrale puisse intervenir massivement sur les marchés obligataires (dettes d' Etat) ou à ce que les pays s'entraident à travers un fonds de solidarité financière dont la principale faiblesse est celle de la lenteur de sa mise en oeuvre.

Depuis le discours de Toulon, où Sarkozy a semblé découvrir les travers d'un capitalisme financier et ultralibéral, dont il aura été l'un des serviteurs les plus zélés et les plus décomplexés, ses échanges de vues avec Angela Merkel constituent un abécédaire technique et sans âme de la meilleure façon de mettre les peuples à la diette et de garroter la dépense publique.

C'est l'Europe du bâton et du silice, chacun rivalisant de propositions pour étouffer la croissance et exposer les peuples à une cure de chômage et de baisse des pensions, d'augmentation de la durée de vie au travail, de limitation du pouvoir d'achat.

Il est clair que seuls les Allemands, dont la structure économique tournée vers l'exportation est unique en Europe, peuvent peut-être échapper à cette perspective mortifère.

Car décréter la convergence économique de tous les Etats européens avec l'économie allemande est évidemment un leurre, du moins une perspective trop lointaine pour que les Etats malades ou en retard n'en meurent pas avant.

Dans leurs différences, Sarkozy et Merkel se retrouvent pour nous dessiner un avenir européen néfaste aux peuples et surtout sans leur avis ; C'est une Europe réduite aux acquêts diplomatiques entre la France et l'Allemagne, qui fossoye l'acquis communautaire, affaiblit la Commission, marginalise le Parlement Européen et ignore les peuples et leurs aspirations qui se profile derrière leurs propositions.

Que la période nécéssite vérité et rigueur est une chose. Qu'aucune perspective, aucun projet mobilisateur, aucune refondation du projet politique européen, aucune ouverture démocratique et sociale ne soient proposés aux peuples européens constitue un risque mortel pour l'idée même d'Europe!

Faire l'Europe dans les cénacles diplomatiques, sans le peuple, nous renvoie au paléolithique de l'histoire européenne, et à des époques où l'Union européenne n'existait pas!

D'ailleurs, dans le même temps où ils prétendent refonder l'Europe, Sarkozy et Merkel bloquent le futur budget européen, et menacent le peu de crédits palpables par les peuples, qu'il s'agisse des fonds du Feder ou de l'aide alimentaire en sursis.

En quoi ont ils besoin d'un nouveau Traité Européen si les décisions européennes se prennent dans le cénacle diplomatique franco allemand, au mépris des institutions existantes et des européens eux-mêmes?

Il y a quelque chose de la fable du pompier pyromane dans cet étrange pas de deux.

vendredi 18 novembre 2011

La France bienveillante...

Le Gouvernement vient d'annoncer le transfert des cendres du Général Bigeard aux Invalides.

Il est probable que la période préelectorale n'est pas pour rien dans cette Panthéonisation militaire d'un baroudeur parachutiste qui souhaitait que ses cendres soient dispersées sur le site de Dien Bien Phu , première et historique défaite militaire d'un grand pays développé contre un pays "sous-développé", qui marque symboliquement et politiquement le déclin des grands empires coloniaux du XIX ème siècle.

Il n'est pas habituel qu'une vieille et grande Nation commémore, de quelque façon que ce soit, ses défaites; fussent-elles héroïques pour les Corps expéditionnaires qu'elles y ont consumés. On ne célèbre pas Waterloo ni la Bérésina, même si la Garde et les pontonniers du Génie y furent stoïques de sacrifice.

Il se trouve que Bigeard, incarne un vertige militaire français dont les cicatrices n'en finissent pas de suturer politiquement : celui du déchirement algérien d'une armée de métier qui fut l'instrument monstrueux d'une impéritie politique.

Le Gaullisme a restauré son pouvoir politique sur l'ambiguité de pousser l'armée à des guerres inutiles et à des méthodes dégradantes avant de la trahir.

Bigeard en a assumé la volte face jusqu'à en assumer à la fois la torture en Algérie et son retournement gaulliste.

Là se trouve précisémment la césure historique fondamentale entre la Droite politique Gaulliste et la Droite nationale d'un Jean-Marie Le Pen.

Son entrée aux Invalides, aujourd'hui , s'explique par cette improbable synthèse symbolique qui vise à réconcilier la "trahison" gaulliste avec "l'honneur" bafoué d'une armée de métier manipulée et abusée.

Elle intervient aux lendemains d' un 11 Novembre placé sous le sceau de la réconciliation des morts.

Il se trouve que cet évènement coïncide, à quelques jours prés, avec l'attribution du Prix Goncourt à un premier roman " l'art français de la guerre" qui met en scène cette génération perdue de militaires ballotée par les improvisations politiques éperdues d'un cher et vieux pays qui perd ses Colonies sans mesurer ce qui lui arrive.

Il faut lire ce roman , qui est à la France post coloniale ce que sont "les Bienveillantes" de Jonathan Littel à l' Allemagne de la "Shoah par les armes": la chronique de militaires égarées dans l'histoire refoulée et inavouable d'une civilisation trahie par une inconscience ou plus simplement un cynisme politique insoutenables.