Mon blog par Gilles Savary

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jeudi 17 mai 2012

Le Courage et la nécessité.

Voilà une promesse de campagne tenue! Composé de 17 femmes et de 17 hommes, le premier Gouvernement de François Hollande est exactement paritaire. Mais évidemment la curiosité réside dans les subtils équilibres de sa composition.

Le choix de Jean-Marc Ayrault comme Premier Ministre en identifie sans ambiguïté le centre de gravité: on ne peut plus hollandien, c'est à dire d'une fidélité trempée dans les temps improbables mais aussi d'un pragmatisme qui a fait les beaux jours de la ville de Nantes et ouvre une période à gauche, plus soucieuse de résultats que d'idéologie des moyens pour y parvenir.

Pour qui sait regarder de près, il subsiste quelques traces archéologiques des anciens courants: Laurent Fabius est le dernier des éléphants à en être au prix d'une très faible participation de ses fidèles (le compétent Bernard Cazeneuve). La compétence et l'expérience ne seront pas insultés par sa présence.



A l'inverse le jet d'éponge de Martine Aubry a ouvert la porte à quelques uns de ses proches comme François Lamy ou à l'expérimentée Marilyse Lebranchu. Benoît Hamon y obtient tout juste un lot de consolation, au titre des souvenirs révolus du Congrés de Reims.

Mais c'est plutôt désormais la Primaire citoyenne qui s'imprime en léger filigrane dans les équilibres politiques de ce Gouvernement : Montebourg et Valls y figurent dans le pack de devant. Quant aux "Ségolénistes" d'hier ou d'aujourd'hui, ils entrent en force avec Aurélie Filipetti, Vincent Peillon, Najat Belkacem, Delphine Batho et Dominique Bertinotti.

Pour le reste, une belle garde prétorienne de Hollandais des jours de disette constitue le coeur du dispositif avec Stéphane Le Foll, fidèle parmi les fidèles, de tous les combats et de tous les tangages de la haute époque à Solférino; Jean-Yves le Drian de la bande des copains du granit breton (avec Bernard Poignant et George Garot) qui ont lancé la croisade à Lorient en 2009 (j'y étais), Kader Arif, et puis les brillants orphelins du rocardisme versus DSK, qui ont choisi Hollande plutôt que Aubry à la Primaire comme pierre Moscovici, Jérome Cahuzac, Nicole Bricq...de la troupe d'élite.

Et puis il y a de forts et francs symboles de courage en politique, comme Christiane Taubira du PRG de Jean-Michel Baylet, Marie- Arlette Carlotti anti-guériniste de la première heure rescapée d'une implacable excommunication locale, ou encore Michèle Delaunay de Bordeaux qui s'est faites une spécialité d'aller défier la Droite et Juppé lui-même dans leurs fiefs ancestraux, et de les y déconfire.



Un bel et beau Gouvernement moderne, où le courage en politique s'accorde avec la nécéssité des équilibres et du talent.

lundi 14 mai 2012

Cohabitation Horribilis..

C'est une lapalissade de reconnaître qu'à notre époque, fort peu idéologique, les élections se suivent et ne se ressemblent pas. Fini le temps où l'on faisait les additions d'une élection pour en déduire le résultat d'une autre.

Et même si l'inversion du calendrier électoral par Lionel Jospin poursuivait l'objectif de mettre fin à l'émolliante séduction des cohabitations, il est toujours théoriquement possible que les français choisissent une autre majorité parlementaire, que la majorité présidentielle.

Il est vrai que le résutat de la présidentielle est plus court que prévu et traduit tout autant un rejet de la personnalité et du populisme chicailleur de Nicolas Sarkozy, qu'un enthousiasme pour François Hollande et l'alternative qu'il propose.

Pourtant dans la crise que l'on traverse ce serait un choix particulièrement tragique pour la France. Non pas que la cohabitation en soi, soit une horreur, mais parce que le pays a besoin d'être gouverné d'une main ferme, et parce que l'on peut, moins que jamais aujourd'hui, condamner un Président à l'impuissance sitôt élu. D'ailleurs Alain Juppé et Claude Guéant s'en vont en guerre avec un curieux mot d'ordre qui souhaite la victoire de la Droite, mais considère à haute voix, qu'une cohabitation serait néfaste pour la France.

A dire vrai, il y a, dans la période que nous traversons un autre risque à une cohabitation gouvernementale, très politique celui-là, et plus dévastateur encore pour l'UMP qu'une défaite législative logique: celui que Marine Le Pen s'impose très vite comme le principal pôle d'opposition dans le pays. C'est elle surtout qui a intérêt à ce que les Français ouvrent une crise politique en se contredisant aux législatives...Elle y trouverait l'occasion d'un Requiem pour l' UMP.

Reste que le 11 juin, au lendemain du premier tour, l'après Sarkozy ne va pas être une partie de plaisir pour la Droite, dont de nombreux députés sortants menacés par des triangulaires, vont être ardemment tentés par des alliances de second tour séparées avec le FN.

Le Député de Libourne, Jean-Paul Garraud, comme Gérard Longuet qui retrouve ses engagements de jeunesse à l'extrême Droite, en ont d'ores et déjà sonné les trois coups. Ce serait une autre façon de mourir pour l' UMP, et ils rendraient un meilleur service à la Droite républicaine en passant tout de suite au FN avec armes et bagages.

Car, au-delà des mois et des semaines qui viennent, l'un des grands enjeux de la vie politique française est que l' UMP se refasse une santé sans trahir son ancrage Républicain, forte de l'enseignement de ces dernières années, qu'à trop flirter avec l'extrême droite, c'est elle qui tire les marrons du feu...

lundi 7 mai 2012

Historique ?

Il nous revient de l'étranger que la victoire de François Hollande serait "historique"... Le mot est peut-être un peu fort, puisqu'il est le deuxième socialiste après François Mitterrand à accéder à la fonction, dans un contexte de transition républicaine tout à fait ordinaire. Tout au plus, François Hollande est-il le premier Président de la Vème République élu, qui n'ait pas occupé la moindre fonction gouvernementale précédemment, à cause d'un certain 21 Avril 2002 de sinistre mémoire...

Pour autant sa victoire n'est pas banale, et n'était en rien écrite.

D'abord, parce qu'il lui a fallu s'imposer à un appareil socialiste dont il n'était pas le favori, avant les glauques mésaventures de DSK à New-York; et dont les principaux caciques l'entouraient d'un souverain mépris qu'ils n'ont pu contenir dans leurs expressions publiques. Il lui a fallu, pour en triompher, une robuste confiance en son étoile et le "circuit court" d'une empathie militante cultivée de longue main.

Ensuite parce que le théorème, récurrent à Solférino, de "l'élection imperdable", n'était pas plus valide cette fois-ci que les précédentes.



L'exploit de François Hollande, qui porte peut-être en germe une évolution historique de la Gauche française, c'est d'avoir gagné dans un contexte de crise économique, financière, sociale, exceptionnelle, qui déplace actuellement comme dans les années 30, le centre de gravité idéologique de tous les peuples d' Europe, vers la Droite voire l' extrême Droite. Nicolas Sarkozy ne s'y est d'ailleurs pas trompé en sollicitant à outrance l'anathème, la peur, le repli et la xénophobie, qui sont les valeurs refuges classiques des peuples en souffrance.

A cet égard, oui, la victoire de François Hollande est à contre courant d'une loi historique immanente selon laquelle la Gauche, présumée trop généreuse avec le peuple, ne pourrait affronter ni assumer la responsabilité de gestion de périodes de crise ou de vaches maigres.

S'il y a quelque chose d' "historique" dans la victoire de François Hollande, hier, c'est d'avoir rompu avec ce signe indien.

Disons le tout net, Jean-Luc Mélenchon en réduisant les extrêmes gauche à néant et en se désistant sans condition a participé de cette évolution de façon décisive. François Bayrou, dans le registre des valeurs, n'est pas non plus en reste d'une victoire nette mais plus courte qu'annoncée.

C'est précisément ce "contre emploi" conjoncturel inédit qui fait la performance politique de François Hollande, mais aussi sa curiosité et ses promesses aux yeux de l 'Europe et du Monde.

Certes le défi est lourd à porter pour le nouveau Président comme pour la Gauche toute entière. Mais dans un entretien avec Edgar Morin à l'initiative du journal "Le Monde", François Hollande assumait déjà la semaine dernière, l'ambition de faire de la Gauche française autre chose qu'un "pompier social" voué à des gouvernements éphémères et intermittents.



C'est désormais cette transmutation de la Gauche française qui se joue, et qui n'a pas le droit d'échouer face à une Droite tentée d'enterrer définitivement le Gaullisme et de faire bloc d'un néo-Maurrassisme décomplexé par Marine Le Pen.

jeudi 3 mai 2012

Flamby contre Flambant

Quel qu'en soit le résultat dimanche soir, les français auront probablement vécu l'une des plus remarquables élections présidentielles de leur histoire: une participation exemplaire, un vrai pluralisme avec l'affirmation de nouveaux grands premiers rôles de la politique française, des résultats de premier tour qui reconfigurent sans doute durablement le paysage politique français, des discours et des meetings qui resteront dans les annales de la politique française même et y compris s'ils ont révélé un glissement populiste et xénophobe qui est une alerte pour l'avenir, et enfin, hier soir un débat titanesque, d'une intensité rare et d'une tension sans répit entre deux finalistes qui partagent le fait de ne pas être des figures classiques de la politique française.

Oui, cette Présidentielle, bien que rudoyée par les vents mauvais de la crise économique, sociale et morale que traverse le pays, honore la Démocratie française, même s'il est à craindre que son épilogue législatif soit moins appétant.

J'ai passé trois ans au Bureau National du Parti Socialiste, à l'époque des "courants " d'après le calamiteux Congrès de Rennes, qui fut ce qu'il fut parce que les ex grands Ministres de François Mitterrand y avaient constitué leurs écuries présidentielles, assurés que la prochaine élection serait "imperdable" pour la Gauche. Ce préjugé présomptueux allait transformer le PS en un vénéneux Palais florentin, constitué de bandes et de faux amis en compétition implacable pour amener leur leader à la fonction suprême. Ce triste épisode allait durer aussi longtemps que l'élection présidentielle "imperdable" a été perdue par le PS, c'est à dire depuis 1988.

Son secrétaire de l'époque s'appelait François Hollande. Proclamé "trans-courant" et déjà soucieux d'être au-dessus de la mêlée, il vivotait en dessous, entre les pattes des éléphants, tout juste considéré comme le concierge transitoire de Solférino.

Pourtant sa vélocité intellectuelle, son sens tactique qui est habile sans être torve, ses réparties saillantes et désarmantes, son sens de la synthèse impossible, sa patience et son économie émotionnelle, son perceptible mépris des fausses postures idéologiques, me laissaient pantois. Là où un éléphant déplaçait sa grosse patte pour l'écraser, il n'était déjà plus...quitte à l'enfumer ensuite d'anti-synthèses où il s'accordait temporairement l'alliance des autres.

Je n'étais donc pas inquiet sur le débat d'hier soir, même s'il est toujours une plus grande épreuve pour un challenger qui ne dispose pas de l'appareil d'État et de ses sources d'information que pour le Président sortant. Même si Nicolas Sarkozy est un pugnace et brillant débatteur.

Comme son discours du Bourget, François Hollande aura tapé juste dans le registre qu'il a déployé hier soir. Nicolas Sarkozy est venu le chercher sur le terrain de la compétence et de la dimension de chef d'État, au prix d'un débat qui a beaucoup parlé de crise à un niveau stratosphérique aux dépens des choses de la vie, et il l'a trouvé.

François Hollande , le "mou", le "nul", l'"indécis", s'y est montré ce qu'il est en réalité: un débatteur intraitable, précis, clair, compétent, cohérent, habile sans être tordu, qui puise sa force dans la sincérité de son projet et de sa démarche, secrètement habité sans doute depuis longtemps par le parcours qu'il s'est assigné et qu'il a préparé comme un boxeur styliste.

Certes, le débat n'a pas été déséquilibré et Nicolas Sarkozy a eu sa part de temps forts, mais dans les registres où la Gauche et le Parti Socialiste ont péché ces dernières années par un trop grand éloignement du peuple et de ses difficultés, plus que par vulnérabilité de François Hollande lui-même.

Mais au-delà des programmes qui seront appréciés en fonction des valeurs et de la sensibilité de chacun, s'il s'agissait hier de confronter François Hollande à sa "vérité" de "présidentiable" crédible, tant brocardée et caricaturée, alors il a largement gagné le débat contre le camp du mépris.

Jusqu'au bout, Nicolas Sarkozy aura tenté de discréditer ce spectre qu'il avait tant négligé, en faisant peur, en bégayant de misérables accusations de mensonges et de calomnies, en essayant de lui faire endosser des polémiques dont il n'était pas l'auteur, en tentant de lui faire dire ce qu'il n'a jamais dit, en lui remettant dans les pattes les propos désobligeants de ses amis, en promettant l'apocalypse aux français, en racolant les électeurs de Marine le Pen et de François Bayrou: mais il l'a fait avec la dernière énergie comme un boxeur dans les cordes, multipliant les moulinets désordonnés pour tenter de toucher.

L'an dernier, en juillet, François Hollande m'avait donné rendez-vous à Tulle pour parler "transports". Il était d'une impressionnante détermination et d'une très grande confiance sur sa candidature. DSK venait de "tomber". Il me dit "c'est la vie politique, elle est cruelle, mais j'aurais été jusqu'au bout contre lui dans la Primaire Citoyenne, parce que j'estime avoir plus de chances que lui de gagner l'élection présidentielle." Je le trouvais tout de même un peu présomptueux à l' époque.

Aujourd'hui, j'ai compris!

lundi 30 avril 2012

Métaphore de la Frontière

On y est! Les abois sont une vérité. Nicolas Sarkozy a trouvé son ultime thème de campagne en exaltant l'image de la Frontière! Sa promesse d'avenir est la frontière! frontière entre les Nations, frontières entre les hommes!

Le grand écrivain italien de la ville frontière de Trieste Claudio Magris écrit dans "Microcosmes": "les frontières exigent souvent des sacrifices sanglants, elles tuent!" Il sait de quoi il parle, il vit près de Caporetto le Verdun italien.

Un siècle d'efforts pour les effacer de l' Europe qui leur a payé un lourd tribu, un siècle d'efforts pour y imposer enfin la paix, pour y installer la concorde de la jeunesse avec le beau programme Erasmus, est subitement nié, du haut d'une tribune électorale française désespérée.

C'est un avenir de frontières, et pourquoi pas de murs qui lui est aujourd'hui promise par Sarkozy!

C'est de la France, dont les valeurs humanistes prétendent à l' Universalité que l'on envoit au monde cet injonction de repli et de peur de l'autre. Ce n'est pas la frontière qui fait la Nation, mais la Culture! Il faut donc que Nicolas Sarkozy tienne en bien piètre estime la force et le rayonnement de la Culture française pour en arriver à cette régréssion inouïe!

Cette épilogue était en germe dans son poisseux débat avorté sur l'identité nationale, dans son entreprise de démolition des socles essentiels de la République: les élus locaux, les Corps intermédiaires, la laîcité, les Droits de l' Homme, la séparation des pouvoirs...

Certes il nous dira que l' Europe n'a rien à voir à l'affaire, sauf qu'il veut déglinguer Shengen et réinstaller des douaniers aux chères frontières. Attendons avec impatience ce qu'en pense Bayrou, s'il ne se renie pas.

Si ce n'est pas l' Europe qui est en cause, c'est qui donc? On le devine, on le sait trop. Une autre époque avait ses têtes de turcs! La France n'y a pas gagné en honorabilité.

Et pourquoi les frontières ? Parce que les hommes qui les traversent seraient la cause de tous nos maux? Splendide diversion quand c'est l'internationale de la finance, qu'il veut protéger des outrages de François Hollande, qui nous a mis à genoux!

Des frontières comme opium du peuple contre d'autres peuples - les frontières c'est toujours "contre"- quand la finance et le jeu spéculatif continueraient à vaquer à leurs occupations criminelles!

Liberté des capitaux, contrôle des personnes: revoilà le bel et bon adage du fric roi!



Les frontières, c'est en effet tout un programme!

C'est aussi dans cette campagne la métaphore honteuse de la xénophobie, érigée en politique.

mardi 24 avril 2012

Le grave silence du vote rural

Finalement, le grand enseignement de ce premier tour de l'élection présidentielle, aura été la réplique du vote FN des élections cantonales de mars 2011. En Gironde, on ne s'étonnera pas que la géographie du vote FN, épouse presque indistinctement celle des cartes de la pauvreté et de la précarité publiées par l'Obsevatoire Girondin de la Précarité et de la Pauvreté que j'ai mis en place avec l'accord de Philippe Madrelle.

Dans le monde rural, les souffrances sont muettes à la différences des quartiers d'habitat social de nos banlieues, mais ces deux élections constituent coup sur coup la réaction politique d'un monde rural français en plein désarroi. Après l'effervescence des banlieues, nous venons de subir le cri des urnes rurales.

IL concerne tout autant ce qu'il reste d'exploitants et de travailleurs agricoles, dont le "travailler plus" s'est traduit ces dernières années par un dramatique "gagner moins" avec des situations sociales et familiales à la limite de la rupture que les néos-ruraux modestes venus chercher un eldorado résidentiel dans un monde rural apparement moins cher qu'en ville, mais qui, au total, dégrade leur pouvoir d'achat par des coûts de transport vers leur travail, les commerces et les services publics, devenus intenables avec la hausse du prix de l'essence.

La télévision a fait le reste en négligeant totalement ce monde, qui reste la matrice de la France, au profit d'une saturation compassionnelle vis-à-vis des banlieues turbulentes qui, du coup, sont devenues le seul et exclusif enjeu des politiques publiques de solidarité territoriale et d'aménagement du Territoire.

Non seulement, le modèle économique dominant du monde rural, basé sur le travail, subissait une révoltante dévalorisation alors que d'autres professions se trouvaient protégées dans leurs emplois ou valorisées dans leurs heures supplémentaires, mais on n'a céssé de déménager nos campagnes et leurs petites villes de leurs services publics, de leurs mèdecins, de leurs hôpitaux et maternités, de leurs commerces, de leurs entreprises, commerçants et artisans, voire même de leurs classes et de leurs Rased.

Comme d'habitude, le Président sortant, beugle d'autant plus fort depuis le vote de dimanche dernier, en volant au secours de ce monde oublié et relégué, qu'il a largement contribué à cette indifférence en effaçant toute politique rurale et d'aménagement des territoires du paysage public. Seules les banlieues, ont eu le bénéfice de politiques de revitalisation avec les zones franches, les programmes de renouvellement urbain, et les CUCS pour financer les actions sociales.

En Gironde, sentant venir ce naufrage, Philippe Madrelle, le Président du Conseil Général, a refusé de conventionner avec l 'Etat sur sa nouvelle politique de la Ville, car l' Etat lui a refusé le bénéfice de ses Contrats Urbains de Cohésion Sociale aux petites communes rurales affectées de graves problèmes sociaux comme Pauillac, Castillon la Bataille, Blaye, Lesparre, La Réole. Du coup, le Conseil Général les finance seul avec un outil financier spécifique: les Contrats locaux de citoyenneté..

Aujourd'hui, le monde rural et ses services publics, ne tiennent plus guère qu'au dévouement et à l'ingéniosité de ses municipalités et à la solidarité sans faille des Conseils Généraux. Petites Communes et Conseils Généraux, que Nicolas Sarkozy a fustigé comme des "corps intermédiaires" inutiles lors de sa campagne de premier tour, et que sa réforme territoriale envisage de supprimer à petits feux.

Son culot, et son souverain mépris de l'intelligence du peuple étant sans bornes, voilà qu'au second tour, il va accuser les socialistes de cette situation et descendre de son arbre perché de l'élysée, avec le cri de Tarzan, pour nous expliquer qu'il sera le sauveur de son propre naufrage. Pourtant, il n'a de cesse de nous expliquer que le programme de justice fiscale, de soutien à l'activité productive et aux services publics de François Hollande serait une "catastrophe" pour la France.

Il n'est pas anormal, c'est même le rôle du vote secret dans une démocratie qui se respecte, que la souffrance et la désespérance s'expriment fermement dans les urnes du premier tour, à l'adresse des deux candidats qualifiés pour le second. Mais entre le bilan de Sarkozy, et le programme de Hollande, il faudrait que l'électorat de Marine Le Pen soit victime du syndrome de Stockholm pour se réfugier chez Sarko, au seul motif qu'il exalte la peur et la xénophobie qui n'ont jamais donné un plat de lentilles à ceux qui ont faim.